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  • Guillaume Hallauer

C'est comment dedans ?

Mis à jour : août 11


Voilà une question que j'aime bien poser. Parce que l'hypnose, ça vient interroger le lien qui existe entre le corps et les émotions.

Quand vous dites : "j'ai la boule au ventre", vous ressentez, dans votre corps, la boule ; mais vous savez aussi parfaitement reconnaître l'émotion qui lui correspond.

"Ça met du baume au cœur !", voilà mon objectif. Et parfois, avec l'hypnose, je soigne la boule au ventre pour soigner l'émotion... Enfin, ce n'est pas vraiment moi qui fais le travail de réparation, moi je mets la personne en position de réparer elle-même son émotion...

Comment expliquer ça ? Disons, si je vous parle de Bérénice, vous allez comprendre.


Bérénice à 18 ans, elle a quitté son petit ami il y a quelques mois, il avait son âge, c'était un grand ado qui n'était pas prêt à devenir un adulte. Ça ne convenait plus à Bérénice. Elle passe une période de célibat, elle papillonne, et elle rencontre Pascal. Il a 25 ans, il est mûr, inscrit dans la vie active, il s'adresse à l'adulte qu'il voit en elle. A partir de là, il y a une partie de Bérénice qui ne suit plus.


A l'âge de 7 ans, ses parents se sont séparés, c'est banal ? Non, ce n'est banal pour personne, et chacun à un travail à faire pour se remettre de cette séparation. Le père de Bérénice a disparu, construit une autre vie, les laissant seules, sa mère, sa sœur et elle, la toute petite fille, dépourvue, qui ne dort plus la nuit.


Aujourd'hui, quand cet adulte qui entre dans sa vie lui parle d'avenir, elle ne voit que le passé. Elle se retrouve, inconsciemment, dans la position de s'engager avec un homme, potentiellement le père de ses futurs enfants, mais...

Mais, fondamentalement, pour elle, un père ça peut fuir à tout moment. Et cet homme qui lui donne tous les signes de la stabilité, paradoxalement, la met en danger... d'être quittée, abandonnée, à tout moment. Et plus elle se laisse aller à l'aimer, plus la souffrance qui risque d'en découler sera grande.


"Mais le pire n'est pas certain. Vous n'êtes pas à l'abris d'être heureuse !". Cette phrase, elle n'est pas encore capable de l'entendre.


Alors, c'est le moment, je la pose, ma question : "C'est comment dedans ?"


- J'ai mal au cœur.

- Il est comment votre cœur ?

- Je ne sais pas, je ne sais pas comment c'est fait un cœur.

- Je ne vous parle pas d'anatomie, mais l'idée que vous vous faites de votre cœur.

- Ben il est comme ça !


Elle mime devant elle un cœur de la taille d'un melon, la taille moyenne d'un cœur humain est équivalente à un poing fermé... Elle a le cœur gros ! Je le lui fais décrire en détail, le poids, la couleur, la texture, etc. Puis je lui propose d'entrer en hypnose.


- Maintenant que cette partie de vous peut observer ce cœur de près, comment es-ce qu'il fonctionne ?


Il se passe un temps ; en hypnose tout est un peu ralenti.


- Il y a des fils qui sortent, c'est par là que les sentiments entrent et sortent.

- Et ça passe bien ?

- Non il faudrait des tuyaux plus gros.

- Changez en un maintenant, peut-être celui qui est le plus important.


Elle se met au travail. Cette conversation peut paraître bizarre vue de l'extérieur, mais avec l'hypnose on touche à l'imaginaire que nous nous construisons tous. C'est le même mécanisme que les rêves que nous faisons la nuit. Ils ont pour fonction de trier et de solutionner les problèmes de la journée.

A cet instant, Bérénice fait un travail de rêve, mais c'est elle qui contrôle tout, c'est elle qui solutionne, au plus près de sa croyance propre, pas celle qu'on lui aurait imposée. Elle est aux prises avec ce qu'elle a construit toute sa vie pour s'expliquer le monde, pour s'expliquer ce qu'elle est profondément.

Alors elle remplace son tuyau... Et elle se sent mieux.


- Combien de temps va-t-il vous falloir pour tout changer ?

- 3 semaines.


Cette réponse est rapide, spontanée, étonnante. Comment le sait-elle ?


- D'accord, on se revoit dans 3 semaines.


Après 3 semaines, elle va mieux, elle est détendue, son regard est déterminé, calme. Elle m'annonce qu'elle s'est organisée avec sa sœur ; elles vont arranger une entrevue avec leur père. Elle m'assure qu'elle est prête.


- Appelez-moi si vous sentez que vous avez besoin de soutien pour ce moment.


Je savais qu'elle ne m'appellerait pas. Ce n'est plus une ado.




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2018 par Hallauer Guillaume

5 rue des Jacobins 17800 PONS